SSI Incendie : Comprendre le Système de Sécurité Incendie et Ses 5 Catégories

Publié le
2026-03-05

Derrière chaque alarme incendie, il y a un système qu'on ne voit jamais

Vous êtes dans un centre commercial. Une sirène retentit. Les portes coupe-feu se ferment automatiquement. Les trappes de désenfumage s'ouvrent en toiture. L'éclairage de sécurité guide les clients vers les issues. Tout cela se déclenche en quelques secondes, sans qu'un humain ait appuyé sur le moindre bouton. Le responsable de cette orchestration invisible, c'est le SSI — Système de Sécurité Incendie.

Pourtant, quand on interroge les gérants de commerces, les directeurs d'hôtels ou même certains responsables d'établissements, la plupart confondent encore SSI et alarme incendie. Ce n'est pas la même chose. Et cette confusion peut coûter très cher le jour où une commission de sécurité frappe à la porte — ou pire, le jour où un feu se déclare.

Ce guide vous explique concrètement ce qu'est un SSI, comment il fonctionne, quelle catégorie s'applique à votre établissement, et ce que vous devez prévoir en termes d'installation et de maintenance.

Qu'est-ce qu'un SSI exactement ?

Un Système de Sécurité Incendie est l'ensemble des équipements qui, face à un départ de feu, détectent le danger, alertent les occupants, et déclenchent automatiquement les dispositifs de mise en sécurité du bâtiment. Ce n'est pas un simple détecteur de fumée posé au plafond. C'est un écosystème complet qui coordonne quatre fonctions vitales :

Le compartimentage : les portes coupe-feu et les clapets se ferment pour empêcher le feu et les fumées de se propager d'une zone à l'autre. C'est ce qui fait qu'un incendie dans une réserve ne se transforme pas en incendie général.

Le désenfumage : les trappes, volets et ventilateurs évacuent les fumées toxiques hors du bâtiment. Sans désenfumage, les occupants meurent de l'inhalation de fumées bien avant que les flammes ne les atteignent — c'est la première cause de décès lors des incendies.

L'évacuation : le déclenchement de l'alarme sonore (et parfois visuelle), le déverrouillage automatique des issues de secours, et l'activation de l'éclairage de sécurité pour guider les occupants vers l'extérieur.

L'arrêt technique : la coupure de la ventilation mécanique (pour ne pas alimenter le feu en oxygène), le rappel des ascenseurs au rez-de-chaussée, et l'arrêt des installations susceptibles d'aggraver la situation.

Toutes ces actions sont pilotées par le SSI de façon coordonnée, en quelques secondes. La réglementation française, notamment l'arrêté du 25 juin 1980 et les normes NF S 61-931 à NF S 61-940, encadre précisément la conception, l'installation et la maintenance de ces systèmes.

Les 5 catégories de SSI : de A à E

Tous les bâtiments n'ont pas besoin du même niveau de protection. C'est pourquoi les SSI sont classés en cinq catégories, de A (la plus complète) à E (la plus simple), en fonction du niveau de risque de l'établissement.

Catégorie A : le système le plus complet

Le SSI de catégorie A est obligatoire dans les établissements qui accueillent des personnes dans des locaux à sommeil : hôpitaux, EHPAD, hôtels, internats. C'est logique — des personnes endormies ne peuvent pas détecter elles-mêmes un départ de feu. Le système doit le faire à leur place.

Il se compose de deux sous-ensembles principaux. Le premier est le SDI (Système de Détection Incendie), qui comprend les détecteurs automatiques (fumée, chaleur, flamme), les déclencheurs manuels rouges, et un tableau de signalisation appelé ECS (Équipement de Contrôle et de Signalisation) qui centralise toutes les informations. Le second est le SMSI (Système de Mise en Sécurité Incendie), piloté par un CMSI (Centralisateur de Mise en Sécurité Incendie) qui déclenche les DAS (Dispositifs Actionnés de Sécurité) : portes coupe-feu, volets de désenfumage, etc.

Dans un SSI A, la détection automatique déclenche la mise en sécurité sans aucune temporisation. Un détecteur s'active ? Les DAS se ferment immédiatement. C'est le niveau de réactivité maximal.

Catégorie B : un cran en dessous

Le SSI B ressemble au A à une différence fondamentale près : il n'intègre pas de détection automatique d'incendie. La détection repose sur les déclencheurs manuels (les boîtiers rouges que vous voyez dans les couloirs). Il possède en revanche un CMSI complet pour piloter le compartimentage, le désenfumage et l'évacuation. On le retrouve dans certains grands établissements scolaires, cinémas, ou salles polyvalentes de grande capacité.

Catégorie C : gestion avec signalisation

Le SSI C comprend des DCS (Dispositifs de Commandes avec Signalisation). Ce sont des équipements locaux qui regroupent les commandes des DAS d'une zone donnée, avec un retour visuel sur l'état des dispositifs (ouvert, fermé, défaut). On le trouve notamment dans les établissements de taille moyenne équipés de désenfumage mécanique.

Catégorie D : commandes manuelles regroupées

Le SSI D est constitué d'un DCMR (Dispositif de Commandes Manuelles Regroupées). Concrètement, il s'agit d'un coffret qui centralise les commandes de désenfumage naturel pour les différentes zones du bâtiment. C'est un système simple, adapté aux ERP de catégories intermédiaires.

Catégorie E : la configuration minimale

Le SSI E représente le dispositif le plus basique. Il comprend éventuellement un DCM (Dispositif de Commande Manuelle) pour le désenfumage naturel. C'est le système qu'on retrouve dans les petits ERP de 5ème catégorie — une boutique de quartier, un petit restaurant sans friteuse. Le minimum vital, mais qui doit quand même respecter les normes en vigueur.

Pour choisir la bonne catégorie, tout dépend de la nature de votre établissement, de sa capacité d'accueil et de ses risques spécifiques. Un audit professionnel reste le meilleur moyen de ne pas se tromper. Contactez AlloFeu pour une évaluation gratuite de votre situation.

Quels établissements sont concernés et quelles obligations ?

La règle est claire : tout ERP (Etablissement Recevant du Public) et tout ERT (Établissement Recevant des Travailleurs) doit disposer d'un SSI adapté à son niveau de risque. Les obligations légales en sécurité incendie ne sont pas optionnelles et les sanctions en cas de non-conformité sont lourdes.

Les ERP de 1ère à 4ème catégorie (plus de 300 personnes accueillies) sont soumis aux contrôles les plus stricts. La commission de sécurité les visite régulièrement — tous les 2 à 5 ans selon le type — et l'absence ou la défaillance du SSI peut entraîner une fermeture administrative immédiate.

Les ERP de 5ème catégorie (moins de 300 personnes — la grande majorité des commerces, restaurants et petits hôtels) ont des obligations allégées mais réelles. Un SSI de catégorie D ou E peut suffire, mais il doit être associé à des équipements d'alarme adaptés (type 3 ou 4) et à des extincteurs conformes.

Les IGH (Immeubles de Grande Hauteur) — au-delà de 28 mètres pour les habitations et 50 mètres pour les autres usages — exigent un SSI A avec des spécificités supplémentaires : colonnes sèches, escaliers surpressurisés, service SSIAP permanent 24/7.

Quant aux sites industriels classés ICPE, ils répondent à un cadre réglementaire propre avec des obligations souvent plus sévères : systèmes d'extinction automatique (sprinklers), détection spécialisée (flamme, gaz), et plans d'opération interne.

Les composants d'un SSI : le détail de chaque élément

Pour ceux qui veulent comprendre ce qui se cache derrière les sigles, voici le détail des composants qu'on retrouve dans un SSI complet.

Le SDI : détecter le feu avant qu'il ne soit trop tard

Le Système de Détection Incendie est la partie « sensorielle » du SSI. Il regroupe les détecteurs automatiques (fumée optique, fumée ionique, chaleur thermovélocimétrique, flamme infrarouge ou UV) et les déclencheurs manuels (les boîtiers rouges à membrane déformable). Toutes les informations remontent vers l'ECS, le cerveau du système, qui identifie la zone en alarme et transmet l'ordre au CMSI.

Un point important : les détecteurs doivent être choisis en fonction de l'environnement. Un détecteur de fumée optique sera parfait dans un couloir d'hôtel, mais il provoquera des fausses alarmes permanentes dans une cuisine professionnelle. Là, il faut privilégier un détecteur thermique ou multisensoriel.

Le CMSI : le chef d'orchestre

Le Centralisateur de Mise en Sécurité Incendie reçoit les informations du SDI et déclenche les actions correspondantes. Il commande les DAS (portes coupe-feu, clapets, volets de désenfumage, arrêt ventilation), gère les zones d'alarme, et fournit un historique horodaté de tous les événements — indispensable pour le registre de sécurité.

Les DAS : les bras armés du système

Les Dispositifs Actionnés de Sécurité sont les éléments physiques qui agissent concrètement sur le bâtiment. On y trouve les portes coupe-feu (PCF), les clapets coupe-feu (CCF) dans les gaines de ventilation, les volets de désenfumage, les exutoires en toiture, et les dispositifs de déverrouillage des issues de secours. Chaque DAS doit être contrôlé régulièrement pour vérifier qu'il répond correctement aux ordres du CMSI.

L'équipement d'alarme : prévenir les occupants

L'alarme sonore — et parfois visuelle pour les personnes malentendantes — est le dernier maillon de la chaîne. Elle doit être audible en tout point du bâtiment. Les équipements d'alarme sont classés du type 1 (le plus sophistiqué, associé au SSI A) au type 4 (le plus simple, un simple bloc autonome).

Installation d'un SSI : ce qu'il faut anticiper

L'installation d'un SSI ne s'improvise pas. C'est un projet technique qui nécessite l'intervention d'un coordinateur SSI — un professionnel qui assure la cohérence entre les différents composants et leur conformité à la norme NF S 61-931.

Les étapes clés d'une installation réussie commencent par une analyse de risque approfondie : identification des zones à risque, définition des zones de détection et d'alarme, choix du type de détecteurs adaptés à chaque local. Puis vient la conception du système avec schémas de câblage, implantation des équipements, et programmation des scénarios de mise en sécurité. L'installation physique (tirage de câbles, pose des détecteurs, raccordement du CMSI, installation des DAS) est suivie de la mise en service avec essais fonctionnels exhaustifs de chaque zone.

Ce dernier point est crucial : chaque détecteur doit être testé individuellement, chaque DAS doit répondre correctement, et l'ensemble du scénario d'évacuation doit être validé avant la réception du système.

Les coûts varient énormément selon la catégorie et la taille de l'établissement. Pour un petit ERP de 5ème catégorie, un SSI E avec alarme type 4 coûte entre 500 € et 2 000 €. Un SSI A complet pour un hôtel de 100 chambres peut dépasser 50 000 €. Entre les deux, un SSI C ou D pour un commerce de taille moyenne se situe entre 3 000 € et 15 000 €. AlloFeu propose des services d'installation complète adaptés à chaque budget.

Maintenance du SSI : une obligation légale sans échappatoire

Installer un SSI ne suffit pas. La réglementation impose une maintenance régulière et documentée, sans laquelle votre système est considéré comme non conforme — même s'il fonctionne techniquement.

L'article MS 73 de l'arrêté du 25 juin 1980 impose un contrôle annuel par un technicien qualifié pour tous les SSI. Ce contrôle couvre l'ensemble des composants : détecteurs, CMSI, DAS, alimentation de sécurité, batteries, signalisation. Chaque test est consigné dans un rapport d'intervention archivé au registre de sécurité.

Pour les SSI de catégorie A et B, un contrôle triennal par un organisme agréé (CNPP, SOCOTEC, APAVE, Bureau Veritas) est en plus obligatoire. Ce contrôle approfondi vérifie la conformité globale du système aux normes en vigueur.

Au quotidien, l'équipe de sécurité du bâtiment doit également effectuer des contrôles visuels réguliers : vérifier l'état des voyants sur le CMSI, s'assurer qu'aucun dérangement n'est signalé, tester manuellement les déclencheurs, et contrôler le bon fonctionnement des DAS.

Les batteries de l'alimentation de sécurité doivent être remplacées au maximum tous les quatre ans, conformément à la norme NF S 61-933. C'est un point fréquemment négligé qui provoque des défaillances lors des coupures de courant.

AlloFeu propose des contrats de maintenance avec rappels automatiques pour que vous n'ayez jamais à vous soucier des échéances.

SSI et extincteurs : deux piliers complémentaires

Le SSI gère la détection et la mise en sécurité du bâtiment. Mais il n'éteint pas le feu. C'est le rôle des moyens de première intervention, au premier rang desquels les extincteurs.

Dans un établissement bien protégé, le SSI détecte le départ de feu et alerte tout le monde. Pendant ce temps, un équipier de première intervention attrape l'extincteur le plus proche et tente de maîtriser le feu naissant. Si le feu prend de l'ampleur, le compartimentage et le désenfumage pilotés par le SSI limitent la propagation en attendant l'arrivée des pompiers.

C'est cette combinaison SSI + extincteurs + formation du personnel qui constitue la protection incendie complète. Négliger l'un de ces trois piliers, c'est fragiliser l'ensemble. La formation à la manipulation des extincteurs est d'ailleurs une obligation légale pour tous les employeurs.

Les erreurs les plus courantes sur le terrain

Après des années d'interventions chez nos clients, certaines erreurs reviennent avec une régularité décourageante.

La plus fréquente : mettre le SSI en mode dérangé et oublier de le réarmer. C'est tentant quand le système déclenche des fausses alarmes répétées (souvent à cause de détecteurs mal placés ou encrassés). Mais un SSI en dérangement, c'est un bâtiment sans protection. La solution, ce n'est pas de couper le système — c'est de faire corriger le problème par un technicien compétent.

Autre classique : bloquer les portes coupe-feu en position ouverte avec une cale ou un crochet. Les occupants trouvent plus pratique de circuler librement. Sauf que le jour où le feu se déclare, la porte ne se ferme pas et les fumées envahissent l'ensemble du bâtiment. Les portes coupe-feu doivent être équipées de ferme-portes à liaison fusible ou de ventouses électromagnétiques commandées par le SSI, jamais calées manuellement.

On voit aussi régulièrement des détecteurs recouverts de caches ou de sacs plastique pendant des travaux, et jamais retirés après. Ou des zones entières de détection désactivées « temporairement » depuis des mois.

Toutes ces situations créent un faux sentiment de sécurité. Le SSI est là, visuellement tout semble en ordre, mais en réalité le bâtiment est aussi vulnérable que s'il n'avait aucun système.

Questions fréquentes sur le SSI

Quelle différence entre SSI et SDI ?

Le SDI (Système de Détection Incendie) est une composante du SSI. Il assure uniquement la détection du feu (détecteurs + tableau de signalisation). Le SSI, lui, englobe le SDI plus le SMSI (Système de Mise en Sécurité Incendie) qui commande les actions concrètes de mise en sécurité du bâtiment. En résumé : le SDI détecte, le SMSI agit, le SSI fait les deux.

Mon petit commerce est-il obligé d'avoir un SSI ?

Oui, mais la catégorie dépend de votre situation. Un commerce de 5ème catégorie (moins de 300 personnes) peut se contenter d'un SSI de catégorie D ou E avec une alarme de type 4. Cela reste relativement simple et peu coûteux. En revanche, vous devez impérativement disposer d'extincteurs conformes en complément.

Qui peut installer un SSI ?

L'installation d'un SSI de catégorie A ou B doit être réalisée par un installateur qualifié, idéalement certifié APSAD (règle R7 pour la détection incendie). Un coordinateur SSI doit superviser le projet pour garantir la cohérence de l'ensemble. Pour les catégories C à E, les exigences sont moindres mais faire appel à un professionnel reste fortement recommandé.

Combien coûte la maintenance annuelle d'un SSI ?

Pour un petit ERP avec un SSI simple (catégorie D ou E), comptez 200 à 600 € par an. Pour un SSI A dans un établissement de taille moyenne, prévoyez 1 500 à 5 000 € par an selon le nombre de détecteurs et de DAS. C'est un investissement modeste au regard des sanctions encourues en cas de non-conformité (amendes jusqu'à 10 000 €, fermeture administrative).

Le SSI peut-il être connecté directement aux pompiers ?

Oui, c'est même obligatoire dans certains cas. Les ERP de 1ère et 2ème catégorie avec locaux à sommeil doivent disposer d'un report d'alarme vers un centre de télésurveillance ou directement vers les services de secours. Cette connexion permet une intervention encore plus rapide en cas de déclenchement. Les nouvelles technologies connectées facilitent considérablement ce type de liaison.

Quelle est la durée de vie d'un SSI ?

Il n'existe pas de durée de vie réglementaire fixée pour l'ensemble du SSI. Cependant, les batteries doivent être remplacées tous les 4 ans, les détecteurs ont une durée de vie moyenne de 10 à 15 ans, et les centrales (ECS/CMSI) deviennent généralement obsolètes après 15 à 20 ans en raison de l'évolution des normes et de la disponibilité des pièces de rechange.

Protégez votre établissement avec un SSI adapté

Le SSI n'est pas un coût superfétatoire imposé par la réglementation. C'est le système nerveux de la sécurité de votre bâtiment. Quand il fonctionne, personne ne le remarque. Quand il défaille, les conséquences sont dramatiques.

Que vous ayez besoin d'une installation neuve, d'une mise en conformité, ou d'un contrat de maintenance pour votre SSI existant, contactez l'équipe AlloFeu. Nous intervenons sur l'ensemble de vos équipements de sécurité incendie — du SSI aux extincteurs, en passant par la formation de vos équipes.

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