Registre de sécurité incendie : obligations, contenu et tenue à jour

Publié le
2026-04-21

Le registre de sécurité incendie : votre passeport pour la conformité

Le registre de sécurité incendie est l'un des documents les plus examinés lors des visites de commission de sécurité. Un registre incomplet, non tenu à jour ou absent constitue souvent l'un des premiers motifs de non-conformité relevés par les inspecteurs. A l'inverse, un registre bien tenu démontre immédiatement le sérieux avec lequel vous gérez la sécurité incendie dans votre établissement et contribue fortement à l'obtention d'un avis favorable.

Le registre de sécurité est bien plus qu'une simple formalité administrative : c'est le journal de bord de la vie de sécurité de votre établissement. Il trace l'historique de toutes les vérifications, interventions et incidents, constitue la preuve de votre bonne foi et de vos diligences en cas d'accident, et permet une gestion proactive de la maintenance préventive de vos équipements.

Le cadre réglementaire du registre de sécurité

Les textes fondamentaux

L'obligation de tenir un registre de sécurité est posée par plusieurs textes. L'article R123-51 du Code de la construction et de l'habitation impose aux exploitants d'ERP de tenir un registre de sécurité contenant tous les éléments définis par l'arrêté du 25 juin 1980. L'article MS65 de l'arrêté du 25 juin 1980 détaille le contenu minimal obligatoire de ce registre pour les ERP. Le Code du travail (art. R4227-54) impose également aux employeurs de tenir un document équivalent pour les locaux de travail, consignant les vérifications et formations réalisées en matière de sécurité incendie. Ces obligations sont indissociables du cadre global des obligations légales en sécurité incendie.

Qui doit tenir ce registre ?

Tout exploitant ou propriétaire d'un ERP de 1ère à 5ème catégorie est tenu de disposer d'un registre de sécurité incendie, même pour les ERP de 5ème catégorie (moins de 50 personnes, sauf hôtels) qui ne font pas l'objet de visites périodiques obligatoires. Pour les locaux de travail non ERP, tous les employeurs sont concernés, quelle que soit la taille de l'entreprise. Pour les immeubles d'habitation, le syndic de copropriété est responsable de la tenue du registre de sécurité pour les parties communes.

Le contenu obligatoire du registre de sécurité

Les vérifications des équipements

La section la plus importante du registre de sécurité est celle regroupant les rapports de vérification des équipements de sécurité incendie. Tous ces rapports doivent être classés dans le registre, signés par les techniciens ou organismes ayant procédé aux vérifications. Les documents à conserver sont les suivants. Les rapports de vérification annuelle des extincteurs, signés par un technicien qualifié. Pour tout savoir sur la fréquence et le contenu de ces vérifications, consultez notre guide sur la vérification des extincteurs et notre guide sur l'entretien et la maintenance des extincteurs. Les rapports de vérification du système d'alarme incendie (semestrielle et/ou annuelle). Les rapports de vérification et d'essai des BAES (essai mensuel et essai annuel de longue durée). Les rapports de vérification du système de désenfumage (essai mensuel et entretien annuel). Les rapports de vérification des colonnes sèches (annuelle, obligatoire dans les immeubles dépassant une certaine hauteur). Les rapports de vérification des extincteurs automatiques à eau (sprinklers), si présents.

Les interventions et travaux

Toute intervention sur les équipements de sécurité doit être consignée : remplacement d'un extincteur, réparation d'un détecteur, remplacement d'une batterie de BAES, réparation d'un exutoire de désenfumage. Les travaux réalisés dans l'établissement doivent également y figurer, notamment ceux susceptibles d'avoir un impact sur la configuration des voies d'évacuation, sur les systèmes de sécurité ou sur les plans d'évacuation. Les procès-verbaux d'homologation ou de certification des nouveaux équipements installés doivent être joints au registre.

Les formations et exercices

Le registre de sécurité doit contenir la liste du personnel formé à la sécurité incendie, avec les dates de formation, les noms des salariés concernés et l'organisme formateur. Les attestations de formation individuelles sont conservées dans le registre ou à défaut, une liste certifiée y est insérée. Les procès-verbaux des exercices d'évacuation réalisés doivent également y figurer : date, nombre de participants, temps d'évacuation, incidents constatés et mesures correctives prises. Les qualifications du personnel chargé des rôles spécifiques (guides d'évacuation, serre-files, responsable sécurité) sont également à renseigner.

Les incidents et pannes

Tout incident lié à un début d'incendie, même mineur, doit être consigné dans le registre avec la date, la nature et l'origine du feu, les mesures prises, et le bilan des éventuels dommages. Les défauts et pannes des équipements de sécurité (détecteur HS, BAES défaillant, exutoire bloqué) doivent également être mentionnés avec la date de détection et la date de réparation. Cette traçabilité montre que le gestionnaire de l'établissement assure un suivi actif de l'état des équipements.

Les visites de la commission de sécurité

Les comptes rendus et rapports des visites antérieures de la commission de sécurité doivent être conservés dans le registre. Ces documents indiquent les non-conformités relevées lors des visites précédentes et les prescriptions données. Lors de chaque visite, la commission vérifiera que les prescriptions de la visite précédente ont bien été levées.

Format et support du registre de sécurité

Registre papier ou numérique ?

La réglementation n'impose pas un format spécifique pour le registre de sécurité. Un classeur papier correctement organisé reste parfaitement conforme. Des solutions numériques (logiciels de gestion de la maintenance, applications dédiées) sont de plus en plus utilisées et acceptées par les commissions de sécurité, à condition que les données soient accessibles lors de la visite (sur tablette ou ordinateur) et que les rapports originaux signés soient archivés de façon sécurisée. Quelle que soit la solution choisie, le registre doit être facilement consultable et présentable à tout moment à la commission de sécurité, à l'inspection du travail ou aux services de secours.

L'emplacement du registre

Le registre doit être accessible en permanence dans l'établissement, dans un endroit connu de l'ensemble du personnel encadrant. Dans les ERP, il est généralement conservé à l'accueil, dans le bureau du responsable de sécurité ou dans un local dédié. Il ne doit pas être conservé dans un lieu inaccessible en cas d'événement (cave inondée, local verrouillé sans clé disponible de permanence).

La durée de conservation des documents

Les règles de conservation des documents du registre de sécurité ne sont pas toutes identiques. Les rapports de vérification des équipements : il est recommandé de conserver les 3 dernières années minimum (correspondant généralement à la période séparant deux visites de commission), mais certains préfèrent conserver 5 à 10 ans pour un historique complet. Les attestations de formation : conservation recommandée tant que le salarié est en poste, puis 3 ans après son départ. Les procès-verbaux d'exercices d'évacuation : conservation recommandée sur 5 ans minimum. Les rapports de visites de commission de sécurité : à conserver jusqu'à la prochaine visite et idéalement au-delà, en cas de contentieux.

La mise à jour continue du registre

Un registre de sécurité n'a de valeur que s'il est tenu à jour en continu. Il ne doit pas s'agir d'un document sorti du placard uniquement avant les visites de commission. La désignation d'un responsable de registre (gestionnaire de sécurité, directeur d'établissement, responsable HSE) est essentielle pour assurer cette continuité. Ce responsable veille à ce que tous les rapports de vérification soient bien classés dès leur réception, que toutes les formations et exercices soient bien documentés, et que les pannes et incidents soient immédiatement consignés. Une revue annuelle du registre, quelques semaines avant la période probable de visite de commission, permet de détecter les éventuelles lacunes et de les combler à temps.

FAQ Registre de sécurité incendie

Peut-on avoir un registre de sécurité pour plusieurs bâtiments d'un même site ?

Il est possible de tenir un registre unique pour plusieurs bâtiments d'un même site, à condition que le registre soit clairement organisé par bâtiment, avec des sections distinctes pour chacun. Pour les grands sites multi-bâtiments, il est cependant préférable de tenir un registre par bâtiment, chaque bâtiment étant susceptible de faire l'objet d'une visite de commission séparée.

Un locataire doit-il tenir un registre de sécurité distinct du propriétaire ?

Oui. Pour un établissement dont les locaux sont loués, deux registres peuvent coexister : celui du propriétaire du bâtiment (couvrant les parties communes et les équipements relevant de sa responsabilité : structure, toiture, installations communes) et celui de l'exploitant locataire (couvrant les équipements spécifiques à son activité : extincteurs, alarme, formations du personnel). La répartition des responsabilités doit être clairement définie dans le bail et dans les contrats de maintenance.

Le registre de sécurité doit-il être présent lors d'un contrôle inopi né ?

Oui. En cas de contrôle inopiné par l'Inspection du Travail, la commission de sécurité ou les services de secours, le registre de sécurité doit être immédiatement disponible. Son absence ou son caractère incomplet peut constituer une infraction passible d'amende et entraîner des prescriptions de mise en conformité immédiate.

Faut-il signer le registre de sécurité ?

La réglementation impose que certaines entrées du registre soient signées par les personnes compétentes : les rapports de vérification doivent être signés par les techniciens ayant réalisé les contrôles, les procès-verbaux d'exercices par le responsable ayant dirigé l'exercice, les attestations de formation par l'organisme de formation. Ces signatures confèrent une valeur juridique aux documents et permettent d'identifier les responsables en cas de sinistre.

Un registre de sécurité numérique est-il accepté par la commission de sécurité ?

Dans la grande majorité des cas, oui. Les commissions de sécurité acceptent les registres numériques, à condition que les données soient présentables lors de la visite (sur écran ou imprimées) et que les rapports originaux signés soient archivés (numérisés avec signature ou conservés en version papier). Il est toujours recommandé de vérifier les pratiques locales de la commission compétente dans votre département.

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