10 causes d'incendie fréquentes en entreprise et comment les prévenir

Publié le
2026-06-02

Les incendies en entreprise : un risque sous-estimé aux conséquences majeures

Un incendie ne détruit pas seulement des murs et du matériel. Il interrompt l'activité, désorganise les équipes, fait perdre des clients, et dans les cas les plus graves, met fin à l'entreprise elle-même. Une part importante des sociétés touchées par un sinistre majeur ne se relève jamais complètement, faute de pouvoir absorber plusieurs semaines d'arrêt.

Ce qui frappe, lorsqu'on examine les causes réelles, c'est leur banalité. Les incendies spectaculaires et imprévisibles sont l'exception ; la règle, ce sont des causes connues, récurrentes et pour la plupart évitables. Une prise surchargée, une meuleuse utilisée sans précaution, un local à déchets mal placé, un chargeur laissé branché la nuit.

Ce guide passe en revue les dix causes les plus fréquentes d'incendie en entreprise, en expliquant pour chacune le mécanisme, les situations à risque et les mesures de prévention concrètes. Il aborde ensuite les secteurs les plus exposés, la méthode d'évaluation de vos propres risques et le plan d'action à mettre en place.

Cause n°1 : les défaillances électriques

C'est de loin la première cause d'incendie en milieu professionnel. L'électricité est partout, sollicitée en permanence, et ses défaillances passent longtemps inaperçues.

Les mécanismes sont bien identifiés. La surcharge de circuit intervient quand trop d'appareils tirent sur une même ligne : le conducteur chauffe, l'isolant se dégrade, l'arc apparaît. Les connexions desserrées créent une résistance localisée qui produit un point chaud, souvent dans un tableau ou une boîte de dérivation. Le vieillissement des isolants fissure les gaines et laisse apparaître des amorçages, particulièrement sur les installations anciennes jamais rénovées.

S'y ajoutent les équipements défectueux ou non conformes, notamment les chargeurs et multiprises bon marché, et l'encrassement qui empêche la dissipation thermique des appareils.

Prévention : faire réaliser la vérification périodique obligatoire des installations par un organisme compétent, lever effectivement les réserves signalées, proscrire les multiprises en cascade, ne jamais laisser une rallonge enroulée sous charge, et faire réaliser une campagne de thermographie infrarouge qui révèle les points chauds invisibles. Enfin, équiper les tableaux et locaux électriques d'un extincteur CO₂ adapté aux feux électriques.

Cause n°2 : les travaux par points chauds

Soudage, meulage, découpage, décapage thermique : ces opérations projettent des particules incandescentes qui peuvent atteindre plusieurs mètres, franchir une cloison par une ouverture, et couver plusieurs heures dans un matériau isolant avant de s'enflammer.

Le danger tient précisément à ce décalage temporel : le feu se déclare souvent après le départ de l'intervenant, parfois en pleine nuit, quand plus personne n'est là pour réagir. C'est l'une des causes les plus destructrices, car elle combine un départ tardif et une absence de témoin.

Prévention : mettre en place un permis de feu systématique pour toute intervention par point chaud, y compris pour les prestataires extérieurs. Ce document impose de dégager la zone dans un rayon suffisant, de protéger les matériaux combustibles non déplaçables, de disposer d'un extincteur à proximité immédiate, et surtout d'assurer une surveillance après travaux pendant au moins deux heures. Le permis de feu doit être conservé au registre de sécurité.

Cause n°3 : le stockage incorrect de produits inflammables

Solvants, peintures, carburants, aérosols, gaz, produits d'entretien : beaucoup d'entreprises stockent des matières inflammables sans en avoir pleinement conscience, souvent dans des locaux inadaptés.

Les erreurs typiques sont le stockage à proximité d'une source de chaleur ou d'un tableau électrique, l'accumulation de quantités excessives hors local dédié, l'absence de ventilation permettant l'accumulation de vapeurs, et le mélange de produits chimiquement incompatibles.

Prévention : limiter les quantités présentes en zone de travail au strict nécessaire de la journée, stocker le reste dans un local ventilé et dédié, respecter les incompatibilités indiquées sur les fiches de données de sécurité, éloigner des sources de chaleur et d'ignition, et équiper la zone d'extincteurs adaptés aux liquides inflammables, poudre ABC ou mousse.

Cause n°4 : la malveillance et les incendies criminels

Une part non négligeable des sinistres résulte d'actes volontaires : vandalisme, vengeance, parfois fraude à l'assurance. Les cibles privilégiées sont les zones périphériques et peu surveillées, notamment les abords, les locaux à déchets et les stockages extérieurs.

Prévention : contrôler les accès, éclairer et surveiller les abords, éloigner les bennes et conteneurs des façades, ne pas laisser de palettes ou de cartons contre les murs extérieurs, et disposer d'une détection couvrant les périodes d'inoccupation avec report d'alarme vers une astreinte ou une télésurveillance.

Cause n°5 : les appareils de chauffage et sources de chaleur

Chauffages d'appoint, radiateurs soufflants, convecteurs mobiles : ces appareils sont responsables de nombreux départs de feu, particulièrement en période hivernale et dans les locaux mal chauffés où ils sont utilisés en complément.

Les situations à risque sont l'appareil trop proche de matériaux combustibles, le fonctionnement sans surveillance la nuit ou le week-end, le branchement sur une rallonge sous-dimensionnée, et l'utilisation d'appareils anciens dépourvus de sécurité thermique.

Prévention : privilégier un chauffage fixe correctement dimensionné, interdire les appareils d'appoint non contrôlés, imposer leur extinction en fin de journée, et maintenir un dégagement suffisant autour de toute source de chaleur.

Cause n°6 : la cigarette et les mégots

Malgré l'interdiction de fumer dans les lieux de travail, la cigarette reste une cause récurrente. Le problème ne se situe plus tellement à l'intérieur des locaux, mais dans les zones fumeurs mal conçues et dans les mégots jetés à proximité de matières combustibles.

Prévention : aménager des zones fumeurs identifiées, éloignées des stockages et des façades, équipées de cendriers adaptés en matériau incombustible et vidés régulièrement dans un contenant métallique fermé. Un mégot jeté dans une poubelle de bureau ou une benne à cartons est un scénario classique de départ de feu.

Cause n°7 : les poussières et résidus combustibles

Dans les activités de transformation, notamment le bois, les métaux, l'agroalimentaire ou le textile, l'accumulation de poussières fines constitue un risque majeur, pouvant aller jusqu'à l'explosion de nuage de poussières.

Même hors industrie, les résidus graisseux des conduits d'extraction de cuisine représentent une cause fréquente et redoutable, car le feu se propage à l'intérieur même du conduit, à l'abri de tout moyen d'extinction.

Prévention : nettoyage régulier et documenté des zones de production, aspiration à la source, dégraissage périodique des conduits d'extraction en restauration, et installation d'une extinction automatique sous hotte dans les cuisines professionnelles.

Cause n°8 : les défaillances d'équipements et de machines

Une machine mal entretenue chauffe, frotte, produit des étincelles. Roulements usés, courroies qui patinent, moteurs encrassés, systèmes de refroidissement défaillants : autant de sources d'ignition qui apparaissent progressivement.

Le risque est accru lorsque les équipements fonctionnent en dehors des heures de présence, situation courante pour les compresseurs, groupes froids, chargeurs et serveurs.

Prévention : maintenance préventive planifiée plutôt que curative, surveillance des températures et des bruits anormaux, nettoyage des ventilations, et protection spécifique des locaux techniques fonctionnant sans présence humaine, notamment par une extinction automatique pour salle serveur.

Cause n°9 : la mauvaise gestion des déchets

Les déchets concentrent trois facteurs de risque : une charge combustible importante, une forte exposition à la malveillance, et un emplacement souvent négligé.

Les configurations problématiques sont le local à déchets accolé au bâtiment sans recoupement coupe-feu, les bennes stationnées contre une façade, l'accumulation de cartons et palettes dans les circulations ou contre les murs extérieurs, et les chiffons imbibés de solvants jetés en vrac, capables de s'enflammer spontanément par oxydation.

Prévention : éloigner bennes et conteneurs des bâtiments, respecter les règles de construction des locaux à déchets, évacuer régulièrement plutôt que d'accumuler, et utiliser des contenants métalliques fermés pour les chiffons souillés.

Cause n°10 : la négligence humaine et le non-respect des procédures

Derrière la plupart des causes précédentes se cache un facteur commun : le comportement. Porte coupe-feu calée en position ouverte pour la commodité, extincteur déplacé et jamais remis, consigne ignorée, procédure contournée par gain de temps.

Ces négligences ne relèvent presque jamais de la malveillance, mais de l'habitude et de la méconnaissance du risque. Une personne qui cale une porte coupe-feu ne cherche pas à créer un danger : elle ignore simplement que cette porte est le seul obstacle à la propagation des fumées.

Prévention : c'est ici que la formation incendie produit le plus d'effet. Expliquer le pourquoi plutôt que d'imposer des interdits transforme durablement les comportements. Nos formations et exercices en entreprise intègrent cette dimension de sensibilisation.

La cause émergente : les batteries lithium-ion

Absente des classements il y a quelques années, cette cause progresse rapidement et mérite désormais une place à part entière. Vélos et trottinettes du personnel, chariots élévateurs électriques, outillage sans fil, flottes de véhicules, stockage d'énergie : les batteries sont partout.

Le mécanisme est spécifique. Une cellule endommagée, défectueuse ou mal chargée peut entrer en emballement thermique, réaction auto-entretenue qui libère chaleur et gaz inflammables, avec des reprises possibles plusieurs heures après une extinction apparente. Les agents classiques, eau, poudre, CO₂, refroidissent mal le cœur des cellules.

Les signaux d'alerte existent et doivent être connus : gonflement du boîtier, échauffement anormal en charge, odeur inhabituelle, déformation. Ils précèdent souvent l'incident.

Prévention : définir des zones de charge dédiées, éloignées des issues et des matières combustibles, interdire la charge non surveillée, proscrire les chargeurs non conformes, et équiper ces zones d'extincteurs à agent AVD, seuls réellement efficaces sur ce type de feu.

Quand et comment le feu se propage

Comprendre la mécanique de propagation éclaire beaucoup de mesures de prévention qui, sans cela, paraissent tatillonnes.

Les trois conditions du feu

Un incendie suppose la réunion de trois éléments : un combustible, un comburant (l'oxygène de l'air) et une source d'énergie. Supprimer l'un des trois éteint le feu, et c'est exactement ce que font les extincteurs : refroidir pour retirer l'énergie, étouffer pour retirer l'oxygène, ou inhiber la réaction chimique.

En prévention, on agit essentiellement sur deux leviers : éloigner les combustibles des sources d'énergie, et supprimer les sources d'énergie inutiles. C'est la logique qui justifie de ne pas stocker de cartons contre un tableau électrique.

La montée en puissance

Un feu naissant reste maîtrisable avec un extincteur pendant quelques minutes seulement. Passé ce stade, la puissance dégagée croît très rapidement et l'intervention devient impossible sans moyens lourds. C'est cette fenêtre étroite qui donne toute leur valeur à la détection précoce et à la formation : un salarié formé qui intervient dans les trente premières secondes évite un sinistre, là où le même départ de feu découvert dix minutes plus tard détruit le bâtiment.

Le rôle décisif des fumées

Les fumées se propagent bien plus vite que les flammes, envahissent les circulations en partie haute, réduisent la visibilité à néant et sont responsables de la majorité des décès. Elles précèdent le feu et coupent les cheminements d'évacuation avant que les flammes n'arrivent.

Cette réalité explique trois exigences souvent perçues comme secondaires : le désenfumage, qui évacue les fumées et maintient l'escalier praticable, l'éclairage de sécurité, qui guide dans une atmosphère opaque, et la fermeture des portes coupe-feu, qui cloisonne la propagation. Caler une porte coupe-feu revient à ouvrir une autoroute aux fumées.

La propagation par les gaines et les façades

Un feu peut voyager de manière invisible par les gaines techniques, les chemins de câbles, les faux plafonds et les vide-ordures, et ressortir plusieurs niveaux plus haut. D'où l'importance des rebouchages coupe-feu après tout percement, opération systématiquement oubliée lors des travaux de câblage informatique ou de climatisation.

Quels sont les secteurs d'activité les plus touchés ?

Tous les secteurs sont concernés, mais les causes dominantes varient sensiblement.

L'industrie et les ateliers cumulent travaux par points chauds, poussières, machines et produits inflammables. La restauration concentre le risque sur les graisses de cuisson et les conduits d'extraction, avec un facteur aggravant : la cuisine est souvent adjacente à une salle recevant du public.

La logistique et les entrepôts présentent des charges combustibles massives, des engins de manutention électriques en charge, et de grands volumes qui compliquent la détection précoce. Le tertiaire semble moins exposé, mais y concentre le risque électrique et informatique, avec des conséquences lourdes sur la continuité d'activité.

Le commerce combine stockage saisonnier important, décoration inflammable et présence de public. Enfin, l'hôtellerie et les établissements avec locaux à sommeil font face au risque le plus grave en termes humains, puisque les occupants dorment.

Les périodes et moments les plus à risque

Les statistiques de sinistralité font apparaître des moments récurrents, qu'il est utile de connaître pour renforcer la vigilance au bon moment.

La nuit et les week-ends concentrent une part importante des sinistres majeurs. Non pas parce qu'il s'y déclare plus de départs de feu, mais parce que l'absence de témoin laisse le temps au feu de se développer. Un départ maîtrisable en journée devient un sinistre total la nuit. C'est l'argument principal en faveur d'une détection avec report d'alarme.

Les périodes de fermeture, congés d'été et fêtes de fin d'année, cumulent les facteurs : locaux vides, équipements laissés sous tension, décorations inflammables, et personnel réduit. Une procédure de fermeture, débranchement des appareils non essentiels et tour de contrôle, réduit considérablement le risque.

Les périodes de travaux constituent un autre pic : intervenants extérieurs, points chauds, systèmes de sécurité parfois neutralisés pour les besoins du chantier, cloisonnements ouverts. C'est précisément le moment où la vigilance doit être maximale, et où elle est souvent la plus faible.

Enfin, la saison froide voit apparaître les chauffages d'appoint et augmenter les sollicitations électriques, tandis que les fortes chaleurs sollicitent les équipements de refroidissement et augmentent les risques d'échauffement.

Comment évaluer les risques dans votre entreprise

La prévention efficace commence par un diagnostic honnête de vos propres vulnérabilités. Voici une méthode simple, applicable en une demi-journée.

1. Recenser les sources d'ignition

Parcourez vos locaux en listant tout ce qui peut mettre le feu : tableaux et armoires électriques, appareils de chauffage, machines, zones de charge de batteries, postes de travail par points chauds, zones fumeurs.

2. Recenser les matières combustibles

Identifiez ensuite ce qui peut brûler et en quelle quantité : stockages, archives, emballages, produits inflammables, déchets, mobilier. Notez particulièrement les endroits où combustible et source d'ignition sont proches.

3. Identifier les enjeux

Qui est exposé, et qu'est-ce qui serait perdu ? Effectifs présents, public accueilli, personnes vulnérables, mais aussi données critiques, équipements irremplaçables, stocks. Cette étape hiérarchise les priorités.

4. Évaluer les moyens existants

Vos moyens actuels sont-ils adaptés aux risques recensés ? Extincteurs présents, adaptés et maintenus, détection couvrant les zones sensibles, éclairage de sécurité fonctionnel, personnel formé. Notre guide sur les obligations légales de sécurité incendie détaille le socle attendu.

5. Formaliser et suivre

Consignez cette analyse dans votre document unique d'évaluation des risques, définissez un plan d'action daté avec des responsables identifiés, et réexaminez-le après tout changement significatif d'activité ou d'aménagement.

Les équipements de détection et d'extinction indispensables

La prévention réduit la probabilité ; les équipements limitent les conséquences. Les deux sont indissociables.

La détection constitue le premier maillon : une alarme incendie adaptée alerte pendant que l'évacuation reste possible, et permet une intervention sur un départ de feu encore maîtrisable. Dans les configurations complexes, elle s'intègre à un Système de Sécurité Incendie.

Les moyens d'extinction doivent être dimensionnés et adaptés à chaque risque identifié : notre guide sur l'installation d'extincteurs précise le calcul du nombre et des emplacements. Leur maintenance annuelle conditionne leur efficacité réelle.

L'évacuation repose sur l'éclairage de sécurité, les plans d'évacuation et le désenfumage, qui maintient les cheminements praticables. Enfin, la compartimentation, portes coupe-feu et recoupements, limite la propagation, à condition que rien ne soit calé en position ouverte.

Construire un plan de prévention efficace

Un plan de prévention n'a pas besoin d'être complexe pour être efficace. Il repose sur quatre piliers.

Le premier est organisationnel : désigner un responsable sécurité et des référents par zone, formaliser les procédures sensibles comme le permis de feu, et intégrer la sécurité incendie à l'accueil des nouveaux arrivants et des prestataires extérieurs.

Le deuxième est technique : maintenir les installations, adapter les moyens aux risques réels, et traiter en priorité les zones où une source d'ignition côtoie une charge combustible importante.

Le troisième est humain : former, sensibiliser, expliquer. Une équipe qui comprend le risque le signale spontanément, ce qui vaut tous les audits annuels. Les techniciens en sécurité incendie peuvent vous accompagner dans cette montée en compétence.

Le quatrième est documentaire : tracer les vérifications, les formations, les exercices et les incidents. En cas de contrôle par la commission de sécurité ou de sinistre, cette traçabilité fait la différence.

FAQ – Causes d'incendie en entreprise

Quelle est la cause d'incendie la plus fréquente en entreprise ?

Les défaillances électriques arrivent largement en tête, tous secteurs confondus. Elles cumulent une exposition permanente, une dégradation progressive et invisible, et une détection tardive. C'est aussi la cause sur laquelle la prévention est la plus rentable, via les vérifications périodiques et la thermographie.

Comment réaliser une évaluation des risques incendie ?

En croisant systématiquement sources d'ignition, matières combustibles et enjeux humains ou économiques, zone par zone. Cette analyse alimente votre document unique et débouche sur un plan d'action hiérarchisé. Un professionnel peut réaliser cet audit et objectiver les priorités.

Un détecteur de fumée suffit-il pour protéger mon entreprise ?

Non. Un détecteur autonome alerte les personnes situées à proximité immédiate, mais ne constitue pas un système d'alarme d'établissement. Il ne dispense ni des moyens d'extinction, ni de l'éclairage de sécurité, ni de la formation. C'est une brique parmi d'autres, pas une solution.

Que faire si j'identifie un risque incendie dans mon entreprise ?

Traitez immédiatement ce qui ne coûte rien : dégager, éloigner, débrancher, signaler. Consignez ensuite le constat par écrit avec l'action corrective décidée, un responsable et une échéance. Pour les points nécessitant une intervention technique, sollicitez un professionnel sans attendre l'échéance annuelle.

Les incendies sont-ils bien couverts par les assurances professionnelles ?

La couverture existe, mais elle suppose le respect des obligations réglementaires et des clauses du contrat. Une non-conformité avérée, notamment des vérifications non réalisées, peut entraîner une réduction d'indemnité. Par ailleurs, l'assurance indemnise les biens, jamais la perte de clientèle ni le temps de reconstruction.

Faut-il un permis de feu pour les prestataires extérieurs ?

Oui, et c'est même là qu'il est le plus indispensable. Un intervenant extérieur ne connaît ni vos locaux, ni vos risques, ni vos stockages. Le permis de feu formalise l'analyse préalable, les mesures de protection et surtout la surveillance après travaux, dont l'absence est à l'origine de nombreux sinistres.

Comment sensibiliser des équipes peu réceptives ?

En remplaçant les interdits par des explications concrètes et en s'appuyant sur des exercices pratiques. Manipuler réellement un extincteur sur un foyer contrôlé marque durablement, là où une note de service est oubliée en trois jours. Impliquer les équipes dans le repérage des risques produit également de bons résultats.

Le risque batterie concerne-t-il aussi les petites structures ?

Oui, et souvent sans qu'elles en aient conscience. Un simple local vélos, quelques trottinettes chargées dans un bureau ou de l'outillage sans fil en charge permanente suffisent à créer le risque. La réponse est proportionnée : une zone de charge identifiée et un moyen d'extinction adapté.

Combien de temps a-t-on pour intervenir sur un départ de feu ?

Très peu : quelques minutes tout au plus avec un extincteur, et beaucoup moins si le combustible est très inflammable. Au-delà, l'intervention devient dangereuse et inefficace. La règle à transmettre aux équipes est simple : si le feu n'est pas maîtrisé après deux extincteurs ou trente secondes d'effort, on renonce, on ferme la porte et on évacue.

Faut-il couper l'électricité en cas d'incendie ?

Quand c'est possible sans danger et sans retarder l'évacuation, oui : couper l'alimentation de la zone supprime la source d'énergie et rend le feu traitable avec des moyens classiques. Mais cette action ne doit jamais primer sur l'alerte et l'évacuation, et l'organe de coupure doit être identifié et accessible à l'avance.

Comment savoir si mes locaux présentent un risque particulier ?

Trois indices simples : la présence de matières inflammables en quantité, l'existence de zones où une source d'ignition côtoie un combustible, et l'absence de présence humaine sur des périodes prolongées. Si l'un de ces trois éléments est présent, un audit professionnel est justifié.

Mon entreprise est petite : suis-je vraiment concerné ?

Oui, et souvent davantage qu'une grande structure. Une PME dispose rarement d'un responsable sécurité dédié, ses locaux sont fréquemment loués et anciens, et sa capacité à absorber un arrêt d'activité est faible. Les causes sont exactement les mêmes, mais les conséquences sont proportionnellement plus lourdes.

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